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Rentrée de la e-santé : quel avenir pour la télésanté ?

L'Agence du numérique en santé, créée en décembre 2019 en remplacement de l'ASIP (Agence nationale des systèmes d'information partagés de santé) a accompagné le développement de la télémédecine en France. En cette rentrée 2021, elle dresse un bilan de la métamorphose de la télémédecine en télésanté à travers les voix de Yann-Maël Le Douarin et Christophe Gouel.

Par Camille Boivigny. Publié le 29 septembre 2021 à 16h41 - Mis à jour le 12 octobre 2021 à 16h24

À quelques mois d’échéances importantes (lancement de Mon Espace Santé le 1er janvier 2022, débats puis vote du PLFSS 2022 à l’automne), l’Agence du numérique en santé (ANS) organisait mercredi 29 septembre sa conférence annuelle. Intitulée “la rentrée de la e-santé”, cet événement a été l’occasion d’aborder les sujets brûlants du secteur, dont les enjeux de messagerie sécurisée (MSSanté), d’identité (INS), d’interopérabilité, de la mise en oeuvre du SONS, de cybersécurité ou encore de télésanté.

Faire de la télésanté une modalité “normale” de soins

Ce dernier sujet faisait intervenir Yann-Maël Le Douarin, adjoint au chef de bureau “Coopérations et contractualisations” du Ministère de la Santé, et Christophe Gouel, chargé de relation avec les professionnels de santé au sein de l’ANS. Le premier a rappelé d’emblée que l’objectif de la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) était de faire de la télésanté une modalité “normale” de soins. “Durant la crise, cela a permis d’éviter les ruptures du parcours de soins, c’est donc du soin. Cela a été plus qu’utile. Deuxièmement cela permet de remettre du lien, de la coopération, du dialogue, c’est d’abord du soin avant d’être du numérique”, a-t-il précisé.

De son côté, Christophe Gouel a souligné qu’il s’agissait bien du soin mais qui “repose sur du tiers technologique permettant un échange interpersonnel à distance et l’échange dématérialisé de données de santé. Le bien-fondé de ces deux points reposent sur des exigences fonctionnelles auxquelles doit s’astreindre le tiers technologique. En respectant notamment les droits du patient et du professionnel de santé en sécurisant les échanges et les pratiques ainsi que l’assurance de l’identité de chacun”. D’où l’enjeu crucial du respect des référentiels, selon lui.

Les temps forts du développement de la télémédecine

“Il y a plus de trois ans, on ne parlait même pas de télésanté, c’était un simple champ d’expérimentation, entré dans le droit commun en 2018. Les pratiques demeurent marginales. Fin 2019, seulement 6 % des patients avaient déjà eu une téléconsultation, seulement 13 % des professionnels de santé en avaient fait l’expérience”, a poursuivi Christophe Gouel. Aujourd’hui, Yann-Maël Le Douarin compte 1 million de téléconsultations par mois, avec 55 % des médecins libéraux l’ayant pratiqué en 2020. “Une réelle explosion des pratiques”, insiste-t-il.

Christophe Gouel s’est par ailleurs réjoui que l’outil soit “gestes barrières compatible”, ce qui a permis selon lui aux patients atteints de pathologies chroniques de ne pas être en rupture de soins, ainsi que le début du télésuivi de patients covid et le passage de la téléconsultation au télésuivi.

Pas d’objectif chiffré des usages

Depuis 2019, la pratique a été étendu à tous les paramédicaux et les pharmaciens, ce qui était selon Yann-Maël Le Douarin “attendu par les patients et les professionnels de santé”, alors que durant plus d’une décennie, l’activité était focalisée sur la télémédecine. Citant le baromètre réalisé par l’ANS en 2020, Christophe Gouel indique que “l’acceptabilité a atteint 80 %, grâce au gain de temps constaté par les praticiens, la reconnexion des territoires sans professionnels de santé. Au niveau européen, on a pu établir que c’était en France que la télésanté était la plus forte”, s’est-il enthousiasmé. Reste à ancrer les pratiques. “Le défi collectif est de pérenniser les usages, que la télésanté soit un outil du quotidien”, note Yann-Maël Le Douarin, précisant toutefois qu’il n’y avait pas d’objectif chiffré en termes d’usage car “ce serait inopérant”.

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