TEST 15 JOURS

Le marché de la téléconsultation se consolide en attendant l’éventuelle sortie de la crise sanitaire

Quasiment nés avec la COVID-19, les acteurs de la téléconsultation cherchent le moyen de perdurer, au-delà des irrégularités de certains des leurs, en adoptant trois grands modèles économiques différents et en se préparant à la fin programmée des dérogations.  

Par Fabrice Mateo. Publié le 08 juin 2021 à 17h05 - Mis à jour le 08 juin 2021 à 17h17
docteur en consultation à distance

Si les acteurs de la téléconsultation ont grandement bénéficié de la crise sanitaire du COVID-19 pour se développer, tous ne sont pas exempts de tout reproche. Ainsi sur 103 contrôles réalisés par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) auprès de 69 opérateurs, principalement les sièges de plateforme et les officines de pharmacie proposant un service de téléconsultation, 23 % d’entre eux présentaient des anomalies qui ont donné lieu à douze avertissements et cinq injonctions de mise en conformité. Le rapport d’activité 2020 de la DGCCRF indique qu’« outre des défauts d’information sur les tarifs et les honoraires, liés généralement à une méconnaissance de la réglementation, ont également été constatées des pratiques commerciales trompeuses comme, par exemple, la présentation confuse d’un service de « télé conseil » non pris en charge par l’Assurance-maladie à la différence d’une téléconsultation. Des pratiques entre opérateurs susceptibles de contrevenir au droit de la concurrence sont également en cours d’analyse ». Deux sites, docteursecu.fr et arretmaladie.fr ont également été fermés définitivement par le tribunal judiciaire de Paris le 06 mars 2020, saisi par l’Assurance maladie et le Conseil national de l’ordre des médecins. Hormis ces irrégularités, le secteur de la téléconsultation se consolide. Déjà, en 2018, lorsque la téléconsultation a rejoint le droit commun permettant d’autoriser le remboursement des actes, MédecinDirect avait été racheté par Teladoc Health, un groupe américain. Récemment, en avril 2021, Qare, a été absorbé par Health Hero, un groupe anglais.

Trois modèles économiques

Quelques mois après le premier confinement, en mars 2020, le secteur avait connu, selon Pierre Traineau, directeur général du Catel (Centre de ressources et d’expertise en santé connectée), « une première régularisation, grâce à une qualification plus serrée du ministère des solidarités et de la santé, faisant diminuer le nombre d’acteurs de plus de 200 à 80 entreprises opérant dans la téléconsultation ». Les acteurs restants se répartissent, aujourd’hui, selon trois modèles économiques distincts d’après un porte-parole de l’association professionnelle LET (Les entreprises de télémédecine)

Le premier est le B2B2C et concerne des professionnels de santé organisés sur une plateforme de services qui permettent à leurs bénéficiaires, des assurances complémentaires en santé, des instituts de prévoyance ou des salariés d’entreprise, de bénéficier librement d’un accès à la téléconsultation sans qu’elle ouvre le droit à un remboursement par la sécurité sociale. Concilio, Medaviz, MédecinDirect ou TokTokDoc se sont ainsi positionnés sur ce créneau. Un deuxième modèle, B2C, s’adresse directement au patient pour lequel la facturation est remboursable dans environ 30 % des cas car elle se trouve fréquemment en complément du parcours de soin. Cette catégorie comprend des sociétés telles que Feeli, Livi ou Qare. Le troisième modèle est SaaS/B2B et propose une mise à disposition des professionnels de santé du matériel permettant la téléconsultation (comme le logiciel de visioconférence sécurisé). Dans ce dernier cas, la téléconsultation est remboursée à 70 % pendant une période normale et à 100 % durant la crise du COVID-19. Maiia, Doctolib, Hellocare, MesDocteurs ont ainsi choisi ce business model. Les acteurs de ces trois modèles économiques ont tous bénéficié de l’augmentation de la taille du gâteau de la téléconsultation. 

Selon la Cnam (Caisse nationale de l’assurance maladie), le pourcentage de téléconsultation des médecins est passé de 0,04 % du total des consultations en 2019 à 5,4 % en 2020 avant de se maintenir à 5,1 % lors des quinze premières semaines de 2021. De même les téléconsultations de spécialistes ont augmenté de 0,05 % en 2019 à 3,7 % en 2020 avant de se stabiliser à 3,1 %. Parmi ces derniers, c’est la spécialité de psychiatrie qui a connu le plus haut pic, passant de 0,1 % en 2019 à 10,4 % en 2020 et 10,3 % les quinze premières semaines de 2021. Selon David Syr, directeur général adjoint de Gers Data, si le taux des spécialistes est moins élevé que chez les généralistes, c’est parce que : « le besoin de voir et de toucher le patient pour comprendre ses maux est plus prégnant chez les spécialistes que chez les généralistes. »

La téléconsultation augmente

Cette augmentation de la demande est logiquement liée à la crise sanitaire et à ses impacts,…

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