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L'open innovation en e-santé



Dans le domaine du numérique aussi, l'industrie pharmaceutique et des dispositifs médicaux se tourne vers l'open innovation qui lui permet de devenir plus agile, de gagner en rapidité - qu'il s'agisse de recherche ou de développement - mais aussi de participer à l'écosystème de l'innovation en santé. Quels sont les enjeux de l'open innnovation ? Quels en sont les différents formats ? Pour quelles retombées ? Qui sont les acteurs impliqués ? mind Health vous donne toutes les ressources nécessaires à la compréhension de cette stratégie.

> LE CONTEXTE Incubateurs, accélérateurs de start-up, lab d’innovation, programmes d’accompagnement…, les dispositifs pour collaborer avec les jeunes sociétés innovantes se développent dans de nombreux secteurs. La santé, et plus particulièrement le numérique dans ce domaine, n’échappe pas à cette tendance. Alors que les dispositifs portés par des acteurs publics ou les consortiums publics/privés se multiplient, les industriels créent également des dispositifs en propre.

> LES ENJEUX Deux types de stratégies d’open innovation se distinguent : les industriels souhaitent se doter de nouvelles technologies liées au numérique soit pour leurs propres opérations, soit pour développer de nouveaux produits. L’open innovation peut ainsi intervenir sur le drug discovery, les essais cliniques, la médecine de précision, voire la pharmacovigilance.

Le dispositif choisi dépendra du premier objectif à atteindre : développer une offre en interne, poser les premiers jalons de futures collaborations, dimensionner son offre destinée aux start-up, acculturer les équipes en interne au digital et à l’agilité de ces jeunes entreprises, positionner sa filiale au sein d’un groupe international et lui faire gagner de la reconnaissance, participer à l’écosystème de l’innovation sur le numérique en santé... En fonction, varieront la durée du programme, le nombre de start-up accompagnées, l’appel ou non à des prestataires, le choix des outils mis en place, l’implication des collaborateurs (y consacrer une équipe identifiée ou y associer toute l’entreprise), etc.

Difficile de connaître les détails des investissements, encore moins des retours sur investissement, bien que ces dispositifs rencontrent généralement un accueil très positif et peuvent aboutir à des réalisations concrètes (partenariats de distribution, développement d’une solution numérique commune…). Pour seuls exemples, le sponsoring du programme Techcare Paris&Co s’élève à 25 000 euros par partenaire. Les Laboratoires Expanscience dépensent pour leur part “quelques dizaines de milliers d’euros” pour leur accélérateur interne, montant qui peut varier en fonction des projets. La fondation Ramsay Générale de Santé indique consacrer “plus de 100 000 euros” pour son Prevent2care Lab. 

Les éventuelles prises de participation restent rares. À noter toutefois qu’en 2019 plusieurs grosses levées de fonds ont été réalisées par les start-up de la e-santé. L’écosystème se structure, porté par la réussite de certaines de ces jeunes sociétés. Et les investisseurs, qu’ils soient issus du monde de la santé ou du digital, se montrent optimistes quant au potentiel du marché. Une des questions aujourd’hui est de savoir à quel point les gros acteurs de type Gafam vont préempter ce marché et comment des leaders européens vont pouvoir émerger. 

Une vigilance réglementaire s’impose lorsqu’une intelligence artificielle est au coeur de la contractualisation avec une start-up, en particulier sur la protection de l’IA (brevet, droits d’auteur…), la répartition de la propriété intellectuelle dans le temps, l’utilisation de briques open source, l’utilisation de données pour exercer l’algorithme, la responsabilité du traitement de données et l’anticipation de la responsabilité.

> LES TECHNOLOGIES EN PRÉSENCE L’open innovation ne requiert pas de technologie particulière en soi, mais les réalisations auxquelles elle aboutit, oui.

Intelligence artificielle : machine learning, analyse de biomarqueurs, analyse de données de vie réelle...

Gestion de la donnée : extraction et caractérisation de données, identification de patients, planification des essais, identification de molécules, essais à distance…

Applications mobiles

> LES CHIFFRES-CLÉS Dans le dernier recensement en date, en mars 2018, Bpifrance comptabilise 295 start-up e-santé en France. En février 2019, elle en dénombre parmi elles 104 qui utilisent de l’IA ainsi que 64 qui proposent un dispositif connecté et 38 un logiciel ou une application

Les fonds levés par les start-up françaises de la e-santé ont enregistré une progression spectaculaire en 2019 : selon nos estimations, leur montant a dépassé les 515 M€, contre 230 M€ en 2018. Les sommes rassemblées lors des tours de table sont aussi en hausse, avec six sociétés dépassant le seuil de 30 M€ : Doctolib, Bioserenity, Dental Monitoring, Alan, Hoppen, Diabeloop. Quatre jeunes pousses se situent par ailleurs dans une fourchette comprise entre 10 et 20 M€ : Lifen, Care, Owkin et Visible Patient. Au global, ces dix sociétés représentent près de 83 % des levées sur l’année.

Plus de la moitié des start-up numériques françaises, tous secteurs confondus, ont recours à un incubateur ou à un accélérateur d’entreprises, en particulier les plus jeunes : 65 % des start-up incorporées il y a moins de cinq ans utilisent des incubateurs ou des accélérateurs, selon le baromètre EY de septembre 2019 sur la performance économique des start-up numériques en France. 

La France compterait plus de 200 incubateurs, accélérateurs, campus de start-up et start-up studios, selon Xerfi.

DANS L’ACTUALITÉ Plusieurs collaborations d’open innovation ont été signées ces derniers mois : la start-up britannique Exscientia et le laboratoire japonais Sumitomo Dainnippon Pharma pour un essai clinique visant à créer un médicament pour le traitement des troubles obsessionnels compulsifs grâce à l'IA, la société suédoise Trialbee, qui fournit des technologies d'engagement de patients dans les essais cliniques, partenaire de la start-up américaine TriNetX spécialisée dans le traitement des données de vie réelle, Novartis a noué un partenariat avec TrialSpark, une startup américaine, pour identifier les populations de patients susceptibles de faire l'objet d'une étude spécifique à partir de jeux de données de santé anonymisées

Des initiatives d'open innovation ont par ailleurs vu le jour dans le cadre de la pandémie de COVID-19, comme Sanofi qui a signé en mars 2020 un accord avec la start-up californienne Luminostics pour le développement d'une solution de dépistage du COVID-19 sur smartphone ou Cureety, libheros et Qare qui se sont associées avec AstraZeneca France pour créer une solution de télémédecine en oncologie.

La Fédération française de l'assurance (FFA) a présenté le 15 avril un renforcement des mesures de soutien et de solidarité qu'elle avait annoncées fin mars, dont le lancement d'un programme d'investissements tourné notamment vers le secteur de la santé et abondé à hauteur de 1,5 milliard d'euros. L'un des volets de ce programme se consacre à la création de nouveaux fonds d'investissement en actions et en dette dans le domaine de la santé (40 % de l'enveloppe). Le financement de start-up en fait partie.

> LES ACTEURS À SUIVRE 

Accélérateurs et incubateurs d’industriels : WeHealth Digital Medicine du groupe Servier, Spinleap d’Ipsen, Pfizer Healthcare Hub France, l’accélérateur de Boehringer Ingelheim à Lyon, celui de Medtronic et d’Expanscience, 39Bis de Sanofi France, les Biome de Novartis, les JLabs de Janssen

Programmes d’accompagnement : ReAliZe d’AstraZeneca France, Matrice de Roche, le programme d’iBioNext associé à un fonds de capital-risque

Accélérateurs et incubateurs externes : l’incubateur healthtech de Station F, iPEPS de l’ICM, Digital Pharma Lab, Paris&Co, Prevent2Care Lab, BioValley France, Eurasanté

Pôles de compétitivité : Medicen Paris Région, Cap Digital

> LES PERSONNALITÉS IMPLIQUÉES

- David Guez, executive director innovation et fondateur de WeHealth Digital Medicine (son profil LinkedIn, son interview)

- Olivia Bussod, responsable Alliances stratégiques chez Pfizer France (son profil LinkedIn, son interview)

- Céline Chevrier, directrice du centre d’excellence data et digital de Janssen France (son profil LinkedIn, son interview)

- Nabila Gadiri-Bernard, directrice du département innovation et business excellence d’AstraZeneca France (son profil LinkedIn, son interview)

- Pascal Bécache, cofondateur et dirigeant de Digital Pharma Lab (son profil LinkedIn)

- Alexis Génin, directeur des applications de la recherche à l’Institut du cerveau (ICM) et créateur de l’iPEPS (son profil LinkedIn, son interview)

- Carlos Jaime, président de la commission Digital health de Medicen Paris Région (son profil LinkedIn, son interview)

 

 
Pôle de compétitivité :
Stratégie :

La BU Intelligence artificielle d'Oncodesign voit le jour, avril 2020
Servier inscrit l'intensification de sa stratégie digitale dans ses perspectives 2020, février 2020
Formation : Softway Medical noue un partenariat avec Epitech, septembre 2019 
Emmanuel Capitaine intègre AstraZeneca, mai 2019
Nabila Gadiri-Bernard (AstraZeneca) : "Nous avons lancé cette année des projets clés, transverses à toute l’équipe et à toute l’entreprise", avril 2019 
Céline Chevrier (Janssen) : “Intégrer ces nouvelles méthodologies et améliorer nos interactions avec nos parties prenantes”, mars 2019 
Clarisse Pamies (Janssen) : "Utiliser toutes les opportunités pour réinventer la conversation multicanale", novembre 2018
Sébastien Topin (B. Braun) : "Nous voulons augmenter la valeur ajoutée des dispositifs médicaux", octobre 2018
L'European Academy of Cancer Sciences met en avant les outils numériques dans la recherche contre le cancer, septembre 2018
Siham Harroussi (Humanis) : "Nous explorons des pistes pour mieux exploiter la data dans le métier d'assureur santé", septembre 2018
Rémy Choquet (Orange Healthcare) : "Nous voulons aider les hôpitaux à mieux exploiter leurs données", juillet 2018
Cécile Waquet (AG2R La Mondiale) : "Nous voulons proposer de nouveaux services numériques de santé à nos assurés", juillet 2018
Un directeur de l'open innovation chez AG2R La Mondiale, avril 2018
Malika Mir (Ipsen) : "2018 sera l'année de l'accélération de la mise en industrialisation des solutions digitales", mars 2018


 

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